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Par Themis Liveriadis *
L' espace de l'incoscient dans la crèation
Essai de diagnostic d'un syndrome atypique
Mesdames , Messieurs ,
C'est une joie et honneur pour moi de me trouver ce soir ici, entre nous, pour l'approche, encore une fois, de la poesie hellenique et francaise.
Bien que je suis, depuis 1963, profondement marquè par une phrase d'un des «notres» ( permettez moi ici ce...pluriel ! ), Albert Camus, «ce qui m'a toujours arrêtè c'est ma vanitè personnelle» , il y a un resultat diachronic et consolant :les hommes, depuis qu'ils sont descendus des arbres, peuvent toujours communiquer entre eux, quand ils ne s'entretuent pas...D'ailleurs bientôt ( et cela est dit dans le sens propre, ainsi que comme une mètaphore ) ils payeront et seront payès de la même monnais...
En tant qu'offrande à votre prècieuse prèsence et comme la moindre mèmoire à mon ami Georges Himonas qui, l'annèe dernière, «choisit» de...s'èteindre ici...dans la «ville des lumières», je veux vous dire une brève histoire que j'ai «reconstituèe» ètant provoquè de cette manifestation. Elle concerne deux de mes textes. L'un d'entre eux est une petite prose qui se rapport à un fait vècu en 1963 enregistrè en 1967. Le deuxième est un poème ecrit en 1995. Vingt huit annèes les sèparent mais, je crois, qu'ils sont liès par un tissu invisible de l'iconscient dans l'espace crèatif. À la manière que je puisse, j'essayerais d'illuminer le noir de l'inconscient qui se niche dans la matrice de la crèation, en espèrant de ne pas vous... «tuer» avec la fatigue qui nous apporte parfois l'angoisse «d'autrui», en meme temps que vous pourriez me ... «blesser» par votre indifference !
Je crois que, dans cette èpreuve, j'aiderai plusieurs d'entre vous en confessant quelques dètails qui manquent ou accompagnent diachroniquement ces des textes.
( Ici Mme Berangere de la "Commedie Francaise" on va lire le prepière têxte :«Aube» )
L' aube
On me l'avait dit, mais je n'y croyais pas, avant de l'avoir vu de mes propres yeux. Un peu avant le lever du jour, quand la nuit est encore profonde, elles tournent le coin de la rue St. Dimitriou , dans le quartier nord. Elles prennent presque toute la largeur de la route.
Elles sont accompagnèes d'un gros chien. Quand on les voit pour la première fois envahir la chaussèe et les trottoirs, on n'en croit pas ses yeux : tous les animeaux vivants au coeur de la ville morte ! Un fleuve blanc qui vous fonce dessus.
C'ètait la première fois et, ètonnè, j'ètais encerclè. Elles passaient tout près de moi,
avec leur chaleur et leur odeur suffocante. Quand je me suis retrouvè au millieu, j'ai appercu le chien, a l'extèrieur du cercle. Il m'avait bel et bien rèpère. Il flairait, furieux, l'air et essayait me trouver parmi les chevres, dressè sur ses pattes de derriere.
«Maintenant» je priais que cette avancee ne finisse pas. Leur saletè ètait devenue la mienne...Elle me protegeait, je ne voulais pas qu'elle me quitte. Et leur peau de mouton ètait si chaude dans cette aube glacèe...
Je savais que ca deviendrait un jour. Le chien noir attend que je sorte de la meute. Il a des dents aigus et des pattes solides. J'aurais de la chance, si je m'en sors sans être dechiquetè...Je sais que je ne vais pas lutter. C'est l u i qui a entierement raison, et en plus - pour le moment, c'est l u i le plus fort.
Tout ce qui va suivre confirmera une dècadence humiliante et abaissèe.
( Aug' 1967 )
...
Ce texte, comme d'ailleurs plusieurs de mes textes, a ètè ècrit puis-je dire «mècaniquement». C'est à dire, avec les mots qui sont passès par mes doigts, le moment de l'inscription, j'ai dècris un èvènement comme je l'ai vècu ( et je souligne ca ) sans avoir conscience de la possibilitè que quelques unes des phrases ou symboles de ce texte fonctioneraient en lui et plus loin que lui...C'est pourquoi je n'ai fait depuis aucune intervation ou correction. D'ailleur j'appartiens à ceux qui respectent ou discernent qu'une tâche du sueur est differente d'une tâche de sang...
Toutefois pendant longtemps - et je ne me souviens pas la durèe , je m'ètonnais moi-même ; je veux dire que j'ètais accablè de la pensèe : q u i (?) ètait ce chien noir qui n'acceptait pas dans le troupeau, mon corps «ètranger»...
Deux ans après, à l'automne '69, mon oncle, le peintre Philopemen Constantinides, qui a eu la chance d'ètudier et vivre ici, à Paris, jusqu'à la fin de sa vie, ami de Sartre et d'Arragon...un soir il m' a invitè à dinner - je me souviens, à la brasserie «Lip». Nous parlions de litterature et à un certain moment, en ayant lu ce texte, il m' a dit lentement, en un regard droit : «tu es encore très jeune...aux annèes qui suivront tu decouvriras probablement q u i est le chien qui accompagne et guard le troupeau...»
Vingt-six autres annèes se sont ècoulèes, et en Mars 1995 je me suis retrouvè dans un village abandonnè ( qui s'appelle «l'ancient Panteleimonas» ). Il se trouve aux pieds de l'Olympe, cette «montagne de Dieux» de mon pays, à cent kilomètres de Thessalonique. La majoritè des ses maisons est à moitiè dètruite et celles qui ont etè achevèes ou reconstruites, surtout par des habitants de Thessalonique, de Larissa ou d'Athènes, sont hutilisèes parfois comme rèsidence de campagne.
Sans èlèctricitè, avec des lampes à gaz ou au petrol et des bougies. Certains des maisons et le seul cafè du village ont leur propres sources de l'èlèctricitè.
Ainsi ce «week-end» là, plus prècisement l'après-midi du Dimanche, j'allais de la petite chambre que j'avais louè pour la semaine, au cafè qui ètait ouvert uniquement les jour feriers. Je voulais prendre quelques provisions pour les jours suivants. Son proprietaire ètait prèt à partir. Je lui demandas si quelque'un restait au village. Il me rèpondit que «...Non...D'habitude,en hiver, un berger habite la dernière maison du village- plus bas, mais aujourd'hui, lui aussi, il est parti pour aller en ville...As-tu peur de rester seul ?...» me demanda-t-il en riant ! - Au contraire, lui dis-je. Ainsi j'aurais la paix pour lire et ècrire. C'est pourquoi d'ailleurs je suis venu en cette saison... Il y avait encore de la neige, et le bois brûlait dans la cheminèe...
Je restait tard, en terminant un texte qui m'avait ètè demandè par une revue. À trois heures du matin j'ai eu faim et je dèscendais dans la petite cuisine prèparer quelque chose à manger, quand j'ai entendu un bruit ètrange qui me parut un gèmissement. Jusqu'à cuir mon oeuf pour une salade, je l'entendu de nouveau, cette fois-ci plus clairement. Il venait d'un petit WC avec douche d'à cotè...Cella ressemblait à la lamentation d'un chien, ou râlement de quelqu'un qui se noye...Etrange, je pensa et sur le coup j'en fus sècouè. Il n'y a personne ici ce soir ni berger, ni chien...Soudainement j'entrais dans le WC et immobile, en retènant mon soufle, j'attendais de l'entendre à nouveau...En effet il se repètait et je constatais, en ètant juste au dessus, qu'il s'agissait du regorgement du sifon dans le sol !... J'ai fais la salade et je suis montè et revenu dans ma petite chambre. J'ai jètè encore deux buches dans la cheminèe, et j'ai mis un double whisky...J'ai travaillè et terminè, presque mècaniquement, cette colaboration pour la revue...Par contre en moi-même venait et revenait, après si longtemps, l'image de ce chien qui attendait que je sorte du troupeau. Un certain moment ce souvenir grandissait en moi. Ma poitrine et mon èstomac trèpidaient avec ce trouble que - je crois, ressentent les femmes peu avant l'accouchement...J'ai pris une feuille blanche, qui «attend» toujours, et j'ècrivis tout en haut avec des grandes lettres un mot : Apocalypse ! Je restais un peu de temps immobile. Comme au cinèma, «carè-carè» en quelques secondes je revis toute ma vie...Et soudainement, comme si une main toute puissante et invisible conduisait mes doigts, et une voix me dictait avec misèricorde, j' ècrivis «d'un trait» le poème auquel je me suis referè...
Vous l'entendrez maintenant en èpilogue de cette «allusion» que j'ai essayèe vous «soumettre» ce soir ...
( Ici on va lire le poème «Apocalypse» ) :
Apocalypse
Une histoire de plomberie
Mes amis d'enfance ...
Ceux de vous qui m'avez crachè
avant de vous cacher.
Adversaires de paille ,
avec des èpèes de bois ...
Ce chien ,
je vous en ai parlè la première fois en '67 ...
Des frères que je n'ai pas meritès ,
fils unique ...
aux onanismes et a l'obscurite Moi ...
Ce chien noir
qui ètait censè garder le troupeau ,
prêt à me dechirer ,
et , furieux , flairait ma peur ...
Et bien !...
Toutes ces annèes auxquelles je dènudais devant vous
il s'est calmè ...
peut-etre dispersè, ou
dessechè comme un remords...
Maintenant, tout seul, sur la montagne ,
et ayant mon Ange gardien abandonnè ...
Je sentais chagrin de sa dècadence ,
et j'ai demandè à la Mere-la terre
en lui parlant aux genoux ,
à travers les siphons du sol :
- Est il devenu sourd et aveugle ?
- N'a-t-il même plus de flair ?
- Ne cherche-t-il plus m'attaquer ? ...
...
Creature petrifièe par l' angoisse ...
Foetus de vingt et huit annèes ...
Tranquillement repliè comme un rein
dans mes futures ordures sanglantes ...
Juste avant de tirer la chasse d'eau . ( Mars 1995 )
...
Pas d'autres comentaires ( No comments ! )
à une audiance comme le votre qui a la comprehention, et surtout m'a fait cadeau sa patience !
Je vous remercie tous.
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* Introduction à la prèsence de la poèsie hellenique
( Thèatre Molière , 9 Janvier 2001 )